lundi 14 avril 2014

Voyage dans le temps


- Viens voir!  On dirait une ville, là-bas, derrière les arbres !


En effet, derrière les arbres 
se dressaient d'étranges structures de béton.


J'avais l'impression d'une ville,
d'immeubles sans porte ni fenêtre.

Une ville au milieu d'un champ
entourée d'arbres
barricadée derrière une trop petite enceinte. 


Tout semblait mathématique, calculé, 
chargé de symbolisme...
mais pour illustrer quoi?

Je ne saurais dire.

  
On s'est promené entre ces curieuses structures,
les observant, les photographiant.


Mon esprit cartésien cherchait en vain des réponses.
Nous n'avons trouvé aucune explication.


Je trouvais triste qu'il n'y ait aucun panneau 
indiquant ce qu'était ce lieu.  
De si imposantes structures
devaient bien avoir une histoire.  

À part deux tours relativement semblables, 
les pièces avaient toutes des formes différentes,
certaines même avec des angles assez surprenants.


Mini-moi derrière ce qui ressemble à
un immense pot à fleurs.


Depuis que la Fée du Lac a aussi un appareil photo...
je me retrouve maintenant parfois, devant le Kodak.

Elle prends son nouveau rôle de photographe 
vraiment au sérieux.


Y'a pas que les structures qui arboraient d'étranges angles.
Les photographes aussi.


- Regarde!  Une porte! 
s'exclame soudainement la Fée du Lac.

Ça me fait penser au livre "Le Chardon et le Tartan" 
de Diana Gabaldon, dans lequel
l’héroïne Claire Beauchamps découvre un menhir,
 une pierre scindée de laquelle sortait un vacarme
qui ressemblait à un bruit de bataille,
de fracas d'armures, de râles d'hommes à l'agonie, 
ajoute-t-elle. 

- Comme un portail vers un autre monde?
- Peut-être.

- Tu crois qu'on peut ouvrir la porte?
- T'es sérieuse là?

Vous l'aurez sûrement deviné...
on a essayé d'ouvrir la porte,
mais elle était scellée. 

Vraiment scellée.


Étrangement, la magie a tout de même opéré.
On a été happée par un étrange vortex et 
on s'est soudainement retrouvées en 1660,
354 ans en arrière!


On a alors, nous aussi, 
entendu les râles des soldats,
les cris de dix-sept jeunes Français dans la vingtaine
et de ces alliés Hurons et Algonquins
avec à leur tête, Adam Dollard, sieur des Ormeaux.


On les a entendu livrer de tout coeur 
une effroyable bataille
contre des guerriers Iroquois trop nombreux.
C'était horrible! On a vu le sang couler.

On a entendu ces jeunes lutter et périr 
pour sauver leur patrie,
pour empêcher que la colonie française
soit anéantie.


Et ils ont réussi... au prix de leur vie.


Une lourde tristesse maintenant nous habitait,
celle de ces soldats morts trop jeunes,
celle de leur histoire qu'on avait oublié.

Une intense lumière surgit soudainement 
de la fissure et d'un seul coup
nous voilà maintenant transportées en 1964-1965


L'architecte urbaniste et écrivain Jacques Folch-Ribas
imagine un imposant monument abstrait, 
un monument composé de 18 monolithes,
(un pour chaque compagnon figurant 
à l'acte de décès, un pour les nations indiennes).

Les artistes sculpteurs Paul Borduas et Jordi Bonnet
collaborent à cette grandiose réalisation.


C'est donc là que nous sommes,
au coeur même de ce monument québécois
réalisé en mémoire de ces héros.

C'est incroyable et
vraiment bouleversant.


De retour en 2014,
nous ne sommes plus tout à fait les mêmes
puisque c'est ce qu'on apprend, ce qu'on vit
qui nous construit.


Plus jamais je ne considérerai la Fête de Dollard
uniquement comme un jour férié, 
un jour de congé payé.

Dorénavant, ce jour spécial, qui maintenant
s'appelle La Fête Nationale des Patriotes
aura un tout autre sens.

Voilà.










mercredi 9 avril 2014

Ma langue

Des mots se sont mis à jouer dans la nuit.  
Je les ai couchés sur papier 
pour pouvoir enfin me reposer.  

Aujourd'hui, je les ai assemblés.
Les voici.

MA LANGUE

J'aime ma langue
Elle est belle
Elle est unique
C'est la mienne

Ma langue est musclée
Elle ne sait pas toujours se tenir
Elle peut même parfois blesser
Quand les dents sont trop serrées

Ma langue ne mâche pas ses mots
Pas plus qu'elle ne ravale ses paroles
J'ai la langue bien pendue
Mais elle sait aussi se tenir

Ma langue est puissante
Elle porte la parole
Elle est la porte-parole
De mes pensées

Ma langue est belle
Elle est unique
Tout en nuances
Tout en subtilités

Ma langue est colorée, vivante, vibrante
Elle fait partie de qui je suis
De mon identité profonde
De moi

Ma langue est belle
Elle aime rire, elle aime le plaisir
Elle aime jouer
Avec les mots 

Ma langue est un héritage familial
Elle me vient de mes parents
Qui l'avaient hérité de leurs parents
Qui l'avaient eux-même hérité des leurs

À mon tour j'a transmis cet héritage
À mes filles qui l'ont transmis aux leurs
C'est notre langue matriarcal, depuis belle luette

Ma langue est coquine
Elle aime explorer
Elle aime bien côtoyer
Des langues étrangères

Mais elle ne voudrait surtout pas
Devenir elle-même étrangère
Dans son propre palais
Ça la tuerait

Certains jours, ma langue a peur
Elle a peur de se dessécher 
De s'atrophier 
De se nécroser

Elle a peur de disparaître
Et de ne plus pouvoir porter la parole
Elle a peur de devenir
Une langue morte

Je ne veux pas la donner au chat
Ni d'ailleurs à qui que ce soit
Ma langue est belle, elle est unique
C'est la mienne, je la protège




dimanche 30 mars 2014

Cerfs de Virginie et Dindons sauvages

On roulait doucement sur un chemin cahoteux...

- Stop!  Regarde là-haut! Il y a un chevreuil!

Il était vraiment mignon.  
Nous sommes restées un moment 
à nous observer mutuellement.


Un deuxième est soudainement apparu.
En fait, il était déjà là, 
mais ce n'est que parce qu'il a bougé 
que nous l'avons aperçu.  
Leur pelage se confond dans le bois.


Il s'est approché d'un autre qui était couché plus loin,
il a frotté son museau et sa tête sur lui
et il est reparti.

Essayait-il d'attirer notre attention?
L'autre Cerf restait immobile.  
Était-ce une femelle qui était en train de mettre bas?
Était-ce un Cerf blessé? Coincé?
Était-il en détresse?  
Comment pouvait-on le savoir?  Comment l'aider?

Nous somme restées à observer les signes.  

La neige était trop épaisse pour qu'on s'y rende
sans raquette et de plus, 
un ruisseau nous séparait de lui.

Alors qu'on se tentait de trouver des réponses,
qu'on élaborait des hypothèses, des scénarios,
la bête s'est levée, nous a regardé
et a pris le bord du bois.

Finalement, on l'avait simplement dérangée
durant un moment de repos.

Désolée pour le dérangement !


Nous avons donc repris la route.

Quelques kilomètres plus loin,
une magnifique surprise nous attendait.


Un troupeau de Cerfs de Virginie cohabitant
avec des dindons sauvages!


J'ai avancé vers eux très lentement, avec beaucoup de prudence.
Dès que les dindons m'ont signifié que j'étais assez près, 
je me suis arrêtée.


Bien emmitouflés dans leur plumage,
certains se reposaient.



C'était la première fois que je réalisais 
qu'ils avaient d'aussi belles couleurs
Orange, bleu, vert, mauve, rose,...

Leur plumage est absolument magnifique!

(Cliquez sur l'image pour en voir tous les détails)

C'était aussi la première fois 
que j'observais leur "barbe",
cette étrange touffe de poil,
sortie de nulle part,
qui pend de leur poitrine.

On dirait du crin de cheval au milieu du plumage.

Remontez pour regarder de nouveau 
les photos précédentes,
on la voit bien sur chacune d'elle.


« Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette ;
Le premier qui rira aura une tapette ! »

En terminant, j'ajoute un lien 
vers la description absolument sublime 
qu'en a fait Jean-Henri Fabre 
Merci Marie-Pierre pour cette belle découverte!


Vous avez aimé?  Appris?  Souri?
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dimanche 9 mars 2014

Aventure en raquettes

Depuis que je travaille à plein temps, les aventures dans les bois sont moins fréquentes, c'est pourquoi mon blog est plus silencieux, mais aujourd'hui, c'était congé et la journée était juste trop belle pour rester à la maison.  La Fée du Lac et moi sommes donc parties en auto, sans destination précise, simplement pour profiter de la journée et qui sait, peut-être voir d'extraordinaires choses à photographier.  


- Stop! crie soudainement la Fée du Lac.

Je regarde dans le rétroviseur, pas d'auto en arrière, j'immobilise donc l'auto.

- Il y a quelque chose dans l'arbre là-bas!

Je voyais effectivement une masse noire, mais c'était beaucoup trop loin pour qu'on puisse l'identifier.

- C'est géant!  Faut aller voir ce que c'est ! Tu as des raquettes dans ton auto? a ajouté la Fée du Lac toute excitée.

Effectivement, j'avais des raquettes dans le coffre de l'auto, mais il fallait d'abord trouver un endroit sécuritaire pour se garer.  


Nous avons trouvé.  Ne restait plus qu'à marcher vingtaine de minutes pour retourner à l'endroit  on avait vu la bête.  

Nous avons marché, mis nos raquettes et marché de nouveau.


- C'est un oiseau, ai-je annoncé à la Fée du Lac après avoir zoomé au maximum de mon appareil photo.

- C'est peut-être un Grand Duc?  Un Aigle? Une Chouette géante? supposait la Fée du Lac en avançant.  

Moi j'étais simplement heureuse que cette bête ait des plumes et non du poil.  

On marchait, et on marchait encore.  On ne pouvait s'y rendre en ligne droite, on devait contourner des marécages avant d'arriver.  On avançait en fixant l'oiseau.

- Et si c'était un oiseau rare?  C'est vraiment gros!  J'espère qu'il ne s'envolera pas avant qu'on arrive! disait la Fée du Lac toute excitée.


Au milieu de ces champs et de ces bois inconnus, le vent a transporté jusqu'à moi, à trois ou quatre reprises des effluves musquées.  Rien de rassurant pour la peureuse professionnelle que je suis.

- Est-ce que ça pourrait être un dindon sauvage? ai-je demandé à la Fée du Lac. J'avais l'impression de reconnaître le plumage.


On devait s'approcher encore plus près... heureusement, le vent était dans la bonne direction, on marchaient à raquettes feutrées, tout doucement en silence.


N'eut été du craquement des raquettes dans la neige et du manteau rouge flamboyant dans cette neige immaculée, on aurait presque passé inaperçu.   


C'était effectivement un dindon sauvage.


Malheureusement, la bête nous a repérées assez rapidement.  Peu importe que le vent soufflait dans la bonne direction, ces bêtes n'ont pas l'odorat très développé.  L’ouïe et la vue par contre le sont.  Pas surprenant qu'il nous ait vu de loin.

Nous étions encore à 200 pieds (60 mètres) quand il s'est envolé. J'ignorais que les dindons sauvages volaient si aisément, je les croyais plutôt maladroits. J'avais tort.


J'aurais aimé le photographier en vol, mais tout s'est passé trop vite. 

Nous sommes reparties, dans une autre direction et nous avons réalisé que l'endroit était fréquenté par de nombreux animaux.  Partout des pistes traversaient les champs et les marais.


En voyant ces pistes, j'ai, un très court instant, pensé qu'un dindon géant était passé par là, un dindon avec un empattement grand comme ça, jusqu'à ce que je réalise qu'en fait, ils étaient deux. J'ignorais que les dindons marchaient en ligne droite.


Les dindons savent également faire de jolis anges dans la neige.
Voyez!


C'était pas un Aigle, c'était ni un Grand Duc, ni une Chouette géante...on n'a pas pu s'approcher du dindon autant que j'aurais aimé pour faire de jolies photos, mais c'était une superbe journée, une randonnée en raquettes fort agréable sous le soleil et une aventure avec suspense qui fait du bien. 





samedi 25 janvier 2014

Escapade de quelques heures en Équateur

Pendant quelques heures cet après-midi, j'ai quitté la froidure de l'hiver pour plonger, avec la Fée du Lac, au coeur d'une luxuriante et ô combien réconfortante végétation.


Tout a commencé par un coup de fil.
- Si ça vous tente de venir goûter, les naranjilla sont à point! 
- Les naran ? Les quoi ?
- Les fruits que tu avais photographiés chez moi l'automne dernier, a précisé notre amie France, je vous avais dit que je vous inviterais à venir y goûter quand ils seraient prêts... ben c'est le moment! ajoute-t-elle en riant.

Voici la photo que j'avais prise.  
C'est une Morelle de Quito Solanum quitoense originaire d'Amérique du Sud.
Les feuilles violacées sont recouvertes de duvet et... de piquants.
Gare à celui ou celle qui oserait s'y frotter!


Nous avons aussitôt pris la route.


Nous sommes passées devant les cabanes à pêche.


Nous sommes arrivées chez France et André
de L'Oeuf du Dragon.

Quel bonheur de les revoir !
Quel bonheur d'entrer dans la serre!

Le plant avait drôlement grandit.  


Les fruits s'était parés d'une belle couleur orange.


Les semences des fruits très très mûrs
serviront à partir d'autres plants.


D'autres, juste à point sont cueillis pour la dégustation!



Une fois lavé, le fruit se départit de son duvet pour devenir bien lisse.


Le fruit goûte le soleil, les vacances, la Vie!


C'était délicieux!


Mon indice de bonheur était au top dans cette serre.

Partout flottaient des odeurs de tomates, de menthe, de basilic, ...
des odeurs de printemps, d'été, des odeurs de Vie!


Dehors, les flocons jaloux frappaient
sur les parois de la serre pour entrer.
Pas question de leur ouvrir la porte.



Mes yeux, mon corps, mon âme se réjouissaient 
de tant de couleurs!



Une photo, une petite croquée de menthe, une photo, un brin de thym, une photo, un fruit.  Mes papilles étaient en extase!  



De succulentes figues en devenir.


D'aussi étranges que délicieuses fraises blanches.
Un mélange de goût de fraise et de kiwi.
Une autre belle découverte pour moi.


Le citronnier tout heureux dans cet environnement.


J'aurais bien fait, comme le chat, un petit roupillon
au milieu de ce jardin.


Après un bel après-midi en si bonne compagnie,
nous avons retraversé l'hiver pour revenir à la maison.


Quelle belle escapade!